La chronologie

Le sanctuaire du Gué-de-Sciaux (zone n°12) : du Ier s. au IVe s.

Pendant l’Antiquité, les hommes vivent quotidiennement avec les dieux, ils les honorent régulièrement afin d’obtenir et de conserver leur protection. Aux confins occidentaux de l’Empire romain, dans la cité gallo-romaine des Pictons, le sanctuaire du Gué-de-Sciaux – situé sur la commune actuelle d’Antigny (86) -, fut à la fois un lieu de culte et un lieu de vie.

Le sanctuaire du Gué-de-Sciaux
Plan de C.Richard, M.Aubrun et I.Bertrand. 2014

 

À la fin du Ier siècle av. J.-C., des cérémonies se déroulent autour d’une structure quadrangulaire, en pierre sèche, flanquée à l’est d’une allée de même composition. Des monnaies étaient jetées sur le sol en contrepartie de l’accès au lieu et en signe de piété. D’autres offrandes étaient brûlées et partiellement enfouies.

Vers 20 ap. J.-C., un temple de type “gallo-romain” à plan centré, cella (1) carrée et galerie périphérique, réoccupe en partie la construction précédente. Une trentaine de fosses aménagées dans le sol ont alors reçu des dépôts composés de morceaux de viande (surtout de bœuf, de porc et de mouton), de vases ou encore d’amphores évoquant les repas organisés dans le sanctuaire en l’honneur des dieux. Les animaux destinés à être abattus étaient parqués dans un enclos. La présence d’ossements, de couteaux et de broches à rôtir confirment que la viande était préparée et cuite sur place.

Quelques améliorations…

À partir du IIe siècle ap. J.-C., grâce aux dons faits par de riches habitants, un temple, un autel et quatre petits monuments sont construits. Le temple présentait un plan et une architecture classiques imitant les édifices méditerranéens. Son fronton occidental était d’ailleurs richement sculpté et décoré.
Les derniers aménagements seront réalisés pendant la seconde moitié du IIIe siècle, avec la mise en place de trois petits édicules religieux carrés ; dans l’angle sud-est du sanctuaire, l’intérieur et les abords de la galerie continuèrent d’être occupés.
Dès les dernières décennies du IIIe siècle et jusqu’au troisième quart du IVe siècle, les bâtiments furent démolis et une grande partie de la pierre récupérée.

(1) Cella : pièce abritant la statue de la divinité, dont l’accès était
contrôlé.

Les fouilles archéologiques menées dès 1984