Le Gué de Sciaux : la quête continue

« Un puzzle de milliers de fragments d’enduits peints va occuper les chercheurs de la société archéologique pendant plusieurs années.
Sarah Gaudin et Max Aubrun cherchent à faire coïncider des pièces.
© (dr)

Une collecte de milliers de morceaux de revêtements muraux colorés vient d’arriver sur les tables de SRAC. Ils résultent de 20 ans de fouilles sur le site du Gué de Sciaux près d’Antigny. Ils vont faire l’objet d’une attention toute particulière de la part de Claudine Allag, spécialiste de la fresque romaine et des enduits peints au CNRS. Cet enduit vieux de 2.000 ans intéresse les chercheurs car il entre dans le cadre plus général du travail de synthèse sur le site du sanctuaire. Ces travaux de reconstitution, de datation liée aux techniques et la mise en perspective par rapport à d’autres sites de la même époque, feront l’objet d’une publication en 2013.

Nettoyés à l’éponge

Ils touchent également la céramique, des amphores, des os, des sculptures, des parures et toilettes. Certains de ces objets sont visibles dès à présent au petit musée d’Antigny ou au musée de Chauvigny. Les monnaies ne sont pas visibles pour l’instant et sont étudiées par le paléométallurgiste Jean-Charles Chedelle. Max Aubrun, le conservateur des musées chauvinois, explique : « Ces morceaux de fresques ont été retrouvés dans plusieurs fosses. Elles ne constituent que des gravats de démolition de bâtiments, habitations ou petits édifices à vocation diverses. La pierre a été réemployée et l’enduit jeté. Ces restes pourront nous permettre d’avoir une idée du décor. Dans cette entreprise, nous avons le soutien du service régional de l’archéologie dirigé par Jacques Buisson-Catil. Le plus fastidieux, c’est le nettoyage à l’éponge de chacune de ces pièces. »

Bon à savoir

Fresque, le terme est souvent utilisé dans le langage courant pour désigner la peinture murale. C’est une technique particulière de peinture murale dont la réalisation s’opère, sur un enduit (chaux) avant qu’il ne soit sec. Le terme vient de l’italien « a fresco » qui signifie « dans le frais ». Cette technique permet aux pigments de pénétrer dans la masse, et aux couleurs de durer plus longtemps. A Chauvigny deux de ces ouvrages sont séparés par plus de 1.000 ans, les fresques de Saint-Pierre-les-Églises, IXe siècles et celles de la mairie exécutées par le fresquiste Jean-Jacques Jolynon au XXI e siècle. »

Corr. Robert Chanet
Publié par la Nouvelle République le 31/07/2011. Article disponible sur