Le tympan en met plein la vue

Max Aubrun, conservateur du musée d’Antigny et d’Yzeures (Indre-et-Loire) devant la pièce maîtresse du musée ; la reconstitution du tympan d’un temple situé au Gué de Sciaux. – (Photos Patrick Lavaud)
 

« À Antigny, les pierres parlent comme dans un livre ouvert grâce au chantier du Gué de Sciaux, fermé après 20 ans de fouilles archéologiques.

Ce qui frappe en entrant dans cette ancienne grange reconvertie en musée, c’est évidemment le monumental tympan d’un temple du IIe siècle avant JC reconstitué partiellement avec de vrais vestiges découverts sur le chantier de fouilles situé à quelques centaines de mètres de là.

«  Un temple construit sur la voie romaine  »

Trois personnes sont la clé de voûte de ce nouveau « sanctuaire » visitable depuis une découverte du Gué de Sciaux en 1981. Deux hommes d’abord, passionnés et membres fondateurs de Société de recherches archéologiques du Pays chauvinois. Il s’agit de Christian Richard qui fait des prospections aériennes dans la région et de Max Aubrun, aujourd’hui conservateur des musées de Chauvigny (dont celui d’Antigny) et d’Yzeures-sur-Creuse (37), puis d’une femme, Isabelle Bertrand « tombée » dans l’histoire très jeune et désormais archéologue. De fait, ces trois personnes et les habitants de la commune d’Antigny ne soupçonnaient pas, même après les recherches du père Delacroix au XIXe siècle, que sous son sol reposaient autant de témoins d’un passé qu’on sait fastueux.
Une grande campagne de fouilles est aussitôt entreprise sur une portion des 25 hectares privés. Au total, 16.000 m2 seront passés au peigne fin. Pendant 20 ans, se succèdent des centaines de fouilleurs. Max Aubrun avance le chiffre de 1.000 constitué d’archéologues, de scientifiques. Ce « chantier école » présente une spécificité ; la gestion des fouilles. Dès 1982, Max Aubrun informatise les fiches techniques de chaque objet déterré, trié, daté. Des tonnes au vu des vestiges qui composent le tympan du temple. Des blocs de pierre particulièrement soignés et décorés. « C’est un temple dit classique avec un pronaos ; un espace devant le temple réservé au Dieux, commente Max Aubrun. On pense que les sculptures représentent la triade capitoline avec les trois divinités Junon, Minerve et Jupiter. Le temple était construit sur la voie romaine qui passe par le Gué de Sciaux. Les corniches, modillons, rais de cœur et métopes sont très travaillés et illustrés. »
Le chantier est aujourd’hui fermé. Il a révélé tous ses « secrets ». Reste à synthétiser l’ensemble des recherches effectuées par d’éminents chercheurs. La publication est réalisée par Isabelle Bertrand, archéologue et employée au musée de Chauvigny ; elle devrait être disponible courant 2015. Par ailleurs, elle travaille également à la mise en place d’une grande exposition nationale intitulée « Vivre avec les Dieux » à partir de la multitude de « trouvailles »… du Gué de Sciaux.« 

M.-L. A.
Publié par la Nouvelle République le 29/07/2014. Article disponible sur
http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Loisirs/24H/n/Contenus/Articles/2014/07/29/Le-tympan-en-met-plein-la-vue-1999000